Ceci est un rassemblement d'information concernant la violence, la servitude volontaire et d'autres choses tirées de mes lectures avec, cela va de soit, les réflexions qu'elles m'inspirent . Lors de son enfance, on fantasme longtemps sur les possibilités qu'on aura bientôt de prendre la place de ses parents pour se venger de ce qu'on considère à tort ou a raison comme un mauvais traitement; c'est le fantasme de renversement de l'ordre des générations. On s’imagine que l’on sera un jour assez grand pour égaler sinon dépasser nos parents . Ceci entrainant plus tard un processus de refoulement: haine-amour, culpabilité-refoulement puis projection sur un bouc émissaire. Ce n’est qu’un des multiples aspects qui font qu’on ne s'en prend jamais à ses Parents, ses Profs ou son Patron (PPP). En ayant pris l’habitude de culpabiliser chaque rêve de meurtre de nos parents, on intègre mécaniquement le fait de s’en vouloir de leur vouloir du mal . Ce mouvement se reproduit à chaque fois qu’on a affaire à un leader désigné collectivement comme tel. Plus on subit de mauvais traitement de nos tuteurs et plus on se sentira coupable, considérant cette maltraitance comme un ordre des choses qui ne restera pas cependant, sans impliquer un retournement de la situation sur le premier objet qui passe, prétendant au rôle de dominé : la victime émissaire . Cela c'est pour la servitude volontaire mais c'est tellement creux qu'il est inutile de s'y attarder; laissons nos “forces de gauche” s’amuser et se demander encore longtemps pourquoi les individus ne se transforme pas en personnes autonomes une fois adulte en ayant subit ça pendant plus de 15 ans . Parlons plutôt du mécanisme de la victime émissaire. Le sujet désigné comme bouc émissaire n'y est la plupart du temps pour rien, tel le petit-frère/soeur à la maison ou le vilain petit-canard dans la cour de l’école. Il s’avère même qu’il se doit d’être innocent. On ne manquera pas, plus tard de reproduire et projeter ce "dispositif" sur ses enfants, qui se trouvent être les prétendants au rôle de dominés les plus disponibles après l’animal de compagnie. Cette haine peut également, se retourner sur l'étranger dans un cadre collectif qui s'y prête (c'est ce qui arrive actuellement a notre corps électoral dont l'âge médian est de 51 ans), l’éducation ne permettant pas de remettre en cause la parole sacrée de nos parents, bien au contraire. ......................................................................................................... C'est un dispositif de défense psychologique considérable naturel qui nous renvoie à la biologie, puisque le cycle de la vie implique le sacrifice de certaines cellules pour que les autres survivent (vieillissement, auto-conservation ). Il va de soit que les frustrations non intégrées (non résolues) ne s'accumulent pas indéfiniment impunément. C’est l’épigénèse interactionnelle . Le “problème” se rencontre également chez les animaux; il s’avère qu’il n’est pas du tout rare pour ne pas dire systématique, qu’un bouc émissaire soit désigné collectivement dans une portée de chien, un poulailler..on remarque que si ce personnage essentiel meurt, le groupe décline rapidement, tombe malade jusqu’à ce qu’un autre soit désigné victime émissaire. Durkheim Dans son livre "le suicide" décrit de manière magistrale les relations entre l'absence de suicide et la présence idéologique et religieuse en Alllemagne dans les années 1870 . Il compare, selon les périodes, l'absence de suicide dans les communautés juives et chrétiennes qui considèrent chacune d'entre-elles comme le bouc émissaire de l'autre. Une concurrence à qui fait mieux que l'autre dans tous les domaines (sportif ou intellectuels) engendre un bien-être qui se traduit en absence de cas de suicide . Les protestants, moins soumis à la critique de l'époque, la pratique du protestantisme étant plus libérale, démontre le plus haut taux de suicide en absence d’adversaire. Il est très significatif d'entrevoir le rapport qu'entretient chaque religion avec le suicide, et de démontrer que les juifs, plus ouvert au suicide, (le christianisme et le protestantisme bannissant absolument cette pratique) sont les derniers à le pratiquer . Il va encore plus loin en décrivant une relation antagoniste entre les homicides et les suicides . Dans cet exemple les deux communautés qui “s’entretiennent” , décrites plus haut, concentre un taux d’homicide non négligeable . L’homme se sent mieux lorsqu’il a quelqu’un a qui s’en prendre, sinon il a une forte tendance au suicide . Vous pouvez contrôler cela par vous-même . Prenez un pays avec un fort taux de suicide et contrôlez son taux d’homicide . Voilà ce qu’ on obtient : statistique mondiale pour la même année (2005-2012) : Pays Homicide /100000(h/f) - suicide /100000(h/f) Lituanie 8 - 66 Russie 19 - 63 Hongrie 1.6 - 47 Slovénie 1.5 - 40 Belgique 1.5 - 36 Croatie 1.6 - 37 France 1.6 - 33 Nouvelle-Zélande 2 - 27 Etats-Unis 4.7 - 12 Canada 1.5 - 10 .............................................. Salvador 72 - 10 Honduras 58 - 5.5 Venezuela 52 - 7 Guatemala 45 - 8.7 Afrique du sud 37 - 3 Brésil 25 - 5 Si il y a bien un indice pour contrôler le moral d'un pays c'est le suicide. On remarque l'impact idéologique et religieux dans les pays concerné . On pourrait rétorquer que le suicide est interdit par l'église, sauf que l'homicide aussi . Cette ainsi , il me semble, qu'Emmanuel Todd en a déduit la chute du communisme en France (extinction de son bouc émissaire de toujours : le christianisme) et la situation actuelle des régions qualifiées de "catholique-zombie" en recherche d'un nouveau bouc-émissaire . Avec une bonne dose de mauvaise foi, on pourrait se dire qu'une intuition basée sur une autre intuition est hasardeuse, sauf que tout concorde avec le résultat des recherches de René Girard. .................................................................................................... René Girard a répertorié la pratique du Bouc émissaire des Sumériens (au-delà aux dernières nouvelles) à nos jours. Le mot "peste" était utilisé pour désigner ce malaise social bien avant de désigner une maladie. Toute communauté en proie à la violence ou accablée par quelque désastre auquel elle est incapable de remédier se jette volontiers dans une chasse aveugle au "bouc émissaire ". Instinctivement, on cherche un remède immédiat et violent à la violence insupportable. Les hommes veulent se convaincre que leurs maux relèvent d'un responsable unique dont il sera facile de se débarrasser. Je rappel aussi que cette découverte mal interprétée par Nietzshe a donné lieu à la "solution finale" : « Pour éluder sa propre découverte et pour défendre la violence mythologique, Nietzsche doit justifier le sacrifice humain, ce qu'il n'hésite pas à faire, en recourant pour cela à des arguments monstrueux. Il surenchérit sur le pire darwinisme social. Sous peine de dégénérer, les sociétés doivent se débarrasser des déchets humains qui les encombrent : L'individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu'on ne pouvait plus le sacrifier : mais l'espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… la véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l'espèce — elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu'elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s'intitule christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié » . Jean Bergeret a regroupé les manifestations de ce phénomène dans l'antiquité . La première victime de ce sacrifice est souvent l’enfant : "La « peste » était vécue comme une malédiction divine que seul un sacrifice chez les grecs (puis un miracle chez les chrétiens) pouvait conjurer. (..) Ce que nous connaissons des thèmes d’Eschyle nous montre qu’il s’agissait de la mise en scène non pas d’un conflit de générations mais d’une faute initiale dont les effets malheureux seraient simplement répétés de génération en génération. (..) En développant son propos autour des conflits entre générations, Sophocle évoque l’idée qu’il en est de la rivalité entre enfants et parents, entre jeunes et vieux, entre faibles et puissants, comme de la rivalité entre les humains et les dieux. Les humains sont accusés par les dieux de démesure punis pour cette faute dès qu’ils entendent profiter d’un droit ou d’un plaisir réservé aux résidents de l’Olympe. …" [ Je rappel que les parents avaient tout lieu d’instrumentaliser leur propre rôle comme la représentation des résidents de l’Olympe dans l’imaginaire de leurs enfants..] http://www.adhes.net/la-violence-fondamentale----jean-bergeret.aspx Freud ici, fait le lien avec le processus naturel de vieillissement. Il ramène ça encore a un truc porno, mais bon..disons qu'il interprète cela à sa manière : "Ayons le courage de faire un pas de plus. D'après la manière de voir généralement admise, la réunion d'un grand nombre de cellules en une association vitale, autrement dit, la structure multicellulaire des organismes, constituerait un moyen destiné à prolonger la durée de leur vie. Chaque cellule sert à entretenir la vie des autres, et l'État cellulaire peut continuer à vivre, malgré la mort de telles ou telles cellules. Nous savons également que la copulation, la fusion momentanée de deux êtres unicellulaires, agit sur l'un et l'autre dans le sens de la conservation et du rajeunissement. Aussi pourrait-on essayer d'appliquer la théorie psychanalytique de la libido aux rapports des cellules entre elles en disant que les instincts sexuels et les instincts de vie, à l’oeuvre dans chaque cellule, s'exercent sur les autres cellules, en neutralisant en partie leurs instincts de mort, c'est-à-dire les processus provoques par ces instincts, et en les maintenant en vie; il s'agirait d'une action réciproque, en chaîne pour ainsi dire, certaines cellules pouvant pousser jusqu'au sacrifice d'elles-mêmes, l'exercice de cette fonction libidinale. Les cellules germinales feraient alors preuve d'un « narcissisme » absolu, pour employer l'expression dont nous nous servons dans la théorie des névroses, lorsque nous nous trouvons en présence d'un individu qui garde pour lui toute sa libido, sans vouloir en transférer la moindre partie sur un objet quelconque. Les cellules germinales ont besoin de leur libido, de l'activité de leurs instincts de vie, à titre de réserve à employer au cours de leur activité ultérieure, au plus haut degré constructive. Il se peut que les cellules des tumeurs malignes, si destructives pour l'organisme, soient narcissiques au même sens du mot. La pathologie se montre, en effet, disposée à considérer leurs germes comme innés et à leur attribuer des propriétés embryonnaires. C'est ainsi que la libido de nos instincts sexuels correspondrait à l'Eros des poètes et des philosophes, à l'Eros qui assure la cohésion de tout ce qui vit...." (Au-delà du principe de plaisir) Si le mécanisme est activé à partir de 2 personnes (couple=scène de ménage) il ne faut pas trop s'étonner que des couples envisagent de "sauver leur mariage" par l'engendrement d'un tiers qui prendra le relais de temps en temps dans le rôle de la victime émissaire . Durkheim note également le fait que les couples mariés avec enfant se suicident sensiblement moins que les couples sans enfant; Et a une époque ou la vision romantique de la parentalité se traduisait en heures travaillées à la mine. René Girard "La violence et le sacré" p 389. "Si on voulait caractériser d'un mot l'ensemble des rites qui ont retenu jusqu'ici notre attention, on pourrait dire qu'ils visent tous à perpétuer et à renforcer un ordre familial, religieux, etc. Leur objet est de maintenir les choses en l'état. C'est pourquoi ils font constamment appel au modèle de toute fixation et de toute stabilisation :l'unanimité violente contre la victime émissaire et autour d'elle. On peut définir tous ces rites comme des rites de fixité ou d'immobilité. Or il existe aussi des rites dits de passage. (..) Les rites de passages sont liés à l'acquisition d"un nouveau statut, à l'initiation par exemple, qui dans de nombreuses sociétés, confère seule aux adolescents l'appartenance plénière à la communauté .(..) dans les rites de passages, l'ouvrage qui a accrédité l'expression parmi les ethnologues, Van Gennep décompose le changement de statut en deux moments. Au cours du premier, le sujet perd le statut qu'il possédait jusqu'alors, au cours du second, il acquiert un nouveau statut.(..) l'individu en instance de passage est assimilé à la victime d'une épidémie, ou à un criminel qui risque de répandre la violence autour de lui. La première mesure à prendre dans une situation pareille, c'est évidement d'isoler la victime, de lui interdire tout contact avec les membres sains de la communauté . Il faut prévenir la contagion . les individus suspects sont aussitôt exclus; ils séjournent sur les marges de la communauté; parfois ils sont expulsés très loin dans la forêt, la jungle ou le désert..(..) le mot conservateur est trop faible pour qualifier l'esprit d'immobilité, la terreur du mouvement, qui caractérise les sociétés pressées par le sacré.." ..................................................................................................... J'ai déjà fait remarquer que l'on considère toujours l'enfant comme un pécheur qu'il faut se dépêcher de dresser sur le modèle de la génération précédente avant qu'il ne lui vienne l'idée d'y changer quelque chose. On peut difficilement énumérer le nombre de moyens mis en œuvre par la société pour "isoler" les considérables perturbateurs, ayant quelques problèmes à se soumettre à la contrainte hiérarchique aussi contradictoire soit-elle : Un emmerdeur aura du mal à faire des études, le service militaire utilisait l'appellation "P4" interdisant tout les statuts de fonctionnaire, politique, ou représentant syndical ..mais il y a aussi le chômage, la prison etc.. Quant au comparatif entre l'éducation et les rites d'initiations primitifs et son lot de sacrifiés par l'échec du diplôme ou de l'obtention d'un emploi ," il est aussi banal que possible" . Il s’agit “d’épreuves” souvent pénibles qui renvoient souvent à nos examens dits “de passages” ou encore à nos “épreuves” de baccalauréat . Mais Girard complète un peu plus loin: " Les rites de passage constituent un prodigieux instruments de conservation religieuse et sociale. Ils assurent la domination des générations les plus anciennes sur les générations nouvelles. Cela ne veut pas dire qu'on puisse les ramener au complot des "vieux" contre les "jeunes" ou des nantis contre les déposséder. ". ... En tout cas, si il ne s'agit pas d'un "complot" des vieux contre les jeunes, l’inverse ne risque pas d'arriver ! J'ai déjà noté cette contradiction ailleurs chez Girard ; il observe un soin tout particulier à ne pas faire passer l'infanticide, la maltraitance,ou le sacrifice humain à l'égard des enfants comme un tort des adultes qui, à l'en croire, ne feraient qu'obéir à des coutumes indispensables. Il est aussi contradictoire lorsqu'il mentionne le désir direct et non mimétique en l'amour des parents pour leurs enfants; alors qu'il ne mentionne jamais l'inverse qui est nettement plus évident: l'amour aveugle de l'enfant pour ses parents. C'est bizarre car si il est inutile de le mentionner, pourquoi mentionne-t-il aussi souvent l'amour soit-disant irréprochable des parents pour leurs enfants ? C'est discutable car là aussi, si la maltraitance des parents sur l'enfant est toléré par ce dernier, l'inverse ne risque pas d’arriver, il est impossible. Et dans l'ordre des priorités, sous-entendues d'ordre morales, sinon du point de vue de la perpétuation de l’espèce, aucune civilisation ne devrait organiser son avenir sur ses vieux au détriment de sa jeunesse. W.Reich 1953 ..Nous savons aujourd'hui que la totale convulsion du corps a été étouffée en l'humain par le cuirassement de chaque enfant nouveau-né dans son cadre social et que, par-là même, l'humain à été séparé de la seule soupape pleinement efficace d'auto-régulation sociale et du seul accès émotionnel à sa propre nature. Nous avons aussi appris que les représentations des idées de dieu et de déesse que se font le bébé et l'enfant durant leur précoce environnement parental sont là continuation de celles qu'ils se font du père et de la mère.. Lorsqu’on a compris que la violence, est inhérente au fonction biologique humaine, on peut se demander avec raison si cet acharnement historique qui consiste à tenter d’éradiquer le mal avant qu’il n’apparaisse, sous forme d’épreuve “pénibles” n’est pas lui-même le germe de son développement exponentielle, l’assurance de sa perpétuation et de sa diffusion une fois adulte; la reproduction de la connerie dans tous les sens du terme. Quant à l’échec scolaire, il a bizarrement tendance à suivre la courbe du chômage; il permet également d’engendrer des sommes astronomiques pour compléter périodiquement les moyens mis en œuvre pour faire perdurer un état d’aliénation dans la jeunesse; jeunesse qui n’a depuis toujours, aucun pouvoir sur son présent, ni son avenir. On ne mentionne guère la contradiction du nombre d’emplois disponibles déclinant dû au chômage technologique, le bénéfice grandissant de ce remplacement de l’homme par la machine étant consciencieusement happé par le patron, la communauté accepte là-aussi sans sourciller cette contradiction; le sacrifice d’une tranche de la population grandissante est accepté par l’ensemble de la communauté qui ne répond qu’en terme de chômage, sans prendre en compte la dernière contradiction qui fait de l’emploi une denrée aussi indispensable que l’air . L’enfant se doit de sacrifier sa jeunesse à la cause, il serait en effet mal vue qu’il s’amuse pendant que papa et maman travaillent; cela serait invivable pour les parents. il se doit d’en chier comme ses parents en ont chier sans la moindre volonté véritable d’amélioration de sa condition. La transmission de la connerie et le conservatisme se voient ainsi assurée menant périodiquement jusqu’au point limite. W.Reich - Qu'est-ce que la conscience de classe ? - 1971 L'idéal de la jeunesse ne saurait être de servir un "Fuhrer" et de mourir pour les intérêts des capitalistes présentés comme "intérêts de la patrie", mais uniquement de comprendre sa propre vie et de l'organiser comme elle l'entend. La jeunesse ne saurait qu'être responsable d'elle-même ; c'est alors seulement que disparaitra le fossé qui sépare la société de sa jeunesse. Quand elle aura compris les raisons de ce fossé, elle comprendra aussi qu'elle est opprimée et deviendra mûre pour la révolution sociale. (..) Les organisations révolutionnaires n'ont pas résolu ces contradictions, développé les tendances révolutionnaires, éliminé les obstacles psychiques; il n'en faut pourtant pas conclure à l'absence de sentiment de classe, mais plutôt aux lacunes psychologiques dans le travail révolutionnaire. (..) La seule chose que l'organisation révolutionnaire aurait pu apporter aux jeunes sans craindre de concurrence et qu'en fait elle n'apporta pas, c'eût été le savoir de ce que l'esclave du capitalisme désirait lui-même sans en avoir clairement conscience, lui qui était ignorant, opprimé, aspirant à la fois à la liberté et à une protection autoritaire ; de formuler et d'exprimer cela à sa place, dans son langage, de le penser à sa place. Mais une organisation qui rejetait toute psychologie comme contre-révolutionnaire n'était pas mûre pour ce travail. n'en faut pourtant pas conclure à l'absence de sentiment de classe, mais plutôt aux lacunes psychologiques dans le travail révolutionnaire. (..) La seule chose que l'organisation révolutionnaire aurait pu apporter aux jeunes sans craindre de concurrence et qu'en fait elle n'apporta pas, c'eût été le savoir de ce que l'esclave du capitalisme désirait lui-même sans en avoir clairement conscience, lui qui était ignorant, opprimé, aspirant à la fois à la liberté et à une protection autoritaire ; de formuler et d'exprimer cela à sa place, dans son langage, de le penser à sa place. Mais une organisation qui rejetait toute psychologie comme contre-révolutionnaire n'était pas mûre pour ce travail.