Depuis sa création, La Plateforme s'engage pour un renouvellement des pratiques politiques et pour l'émergence d'idées nouvelles. Faisant le constat que les acteurs politiques traditionnels français ne permettent plus de répondre au besoin d'engagement et de réflexion existant, notre objectif est de participer au réarmement démocratique du citoyen. En ce sens, l'élection présidentielle de 2017 sera une étape importante, à laquelle La Plateforme souhaite participer pleinement. Nous pensons que le cycle politique du prochain quinquennat doit nous permettre d’imposer nos idées dans le débat démocratique.

La société française est en attente de compréhension du monde nouveau, de perspectives d'avenir et de propositions d'actions. Pour que ce monde qui change ne se dessine pas sans elle ou malgré elle, elle exprime un besoin immense de renouveau démocratique, faisant ainsi écho à un mouvement plus général qui se développe tant en Europe du Sud qu'outre-Atlantique.

Parce que 2017 commence maintenant, et parce que nous, citoyens, sommes la clé du renouvellement des pratiques et des idées, mobilisons-nous ensemble pour que notre voix soit entendue! Pas seulement entendue parce que médiatiquement présente, mais surtout appliquée. Que voulons-nous ? Comment s’organiser pour l’obtenir ? Voilà les questions qui nous occuperons -dans cet ordre là- cette année.

Nous invitons à participer à la construction de 10 propositions structurantes, qui auront vocation à être soumises aux candidats de gauche pour 2017.

10 propositions pour 2017 comment ça se passe ?

La démarche

1 On échange sur des grands thèmes dans les réunions, sur internet, par tout moyen dont chacun peut prendre l'initiative.

2 Seul ou à plusieurs, après des réunions ou non, chacun peut soumettre des propositions. Une proposition = une page présentant les enjeux, la proposition et ses effets attendus.

3 On réfléchit collectivement à une rencontre finale permettant de sélectionner ensemble nos dix propositions principales pour 2017.

4 Tout ceux qui le souhaitent peuvent participer à étoffer et enrichir ces dix propositions lors de réunions (physiques ou à distance).

5 Les propositions sont portées au débat public.

Pendant tout ce processus, chacun peut prendre l'initiative de proposer une séance de travail, une réunion, ou un événement, en en informant La Plateforme par mail (laplateforme.co@gmail.com).

Le fonctionnement

Lors de la réunion de lancement, trois grands thèmes suffisamment larges pour pouvoir y intégrer les grands enjeux de notre temps, vous sont proposés, non pas pour limiter, mais pour structurer le débat. Ils sont soumis au débat et validés lors de cette première réunion du 7 avril. Nous nous séparerons ensuite en groupe de travail thème par thème pour réfléchir à différents thèmes, restituer et débattre.

Par la suite, au moins une réunion sera organisée pour chaque thématique avec, si c'est pertinent, un invité qui viendra parler de ces thèmes avec vous.

A chaque étape, une synthèse écrite des débats est mise à disposition pour que tout le monde puisse se les approprier.

Chaque proposition est transmise par mail à laplateforme.co@gmail.com pour publication sur le site (www.laplateforme.co) et diffusion sur la page facebook (www.facebook.com/laplateforme.co) . Chacun peut bien sûr aussi publier tout seul sa proposition sur son blog, sur des sites de publication (comme www.tribn.co) et nous envoie le lien pour que la proposition soit reprise.

Les propositions

Elles sont répertoriées dans les trois grandes thématiques avec un numéro par proposition. Les auteurs des propositions qui se ressemblent sont invités à joindre leur propositions. Les boucles mail par thématique permettent à tout le monde d’être destinataire à intervalle régulier de l’état des propositions.

Lorsque l’exercice est épuisé, tout le monde reçoit l’ensemble des propositions compilées par thème.

Il s’agira ensuite de valider collectivement une méthode de sélection pour :

• Retenir les propositions qui semblent convenir à la majorité, en essayant d’aller vers des propositions consensuelles pour le plus grand nombre.

• Choisir les 10 propositions les plus importantes. Les autres ne disparaissent pas, elles constituent le programme de La Plateforme. Mais les 10 principales sont celles par lesquelles nous pensons que tout doit commencer.

Pour structurer notre réflexion, nous vous proposons trois thèmes, à appréhender, modifier, approfondir ensemble. Ils sont directement issus de notre programme « Résister et Reconstruire », sorti en décembre 2015 et de notre manifeste de lancement de décembre 2014, tous deux disponibles en ligne.

1. Quelle souveraineté pour demain ?

La souveraineté est l’affaire de tous, nous croyons à La Plateforme qu’elle ne doit pas être juste une compétence exclusive de l’Etat mais être issue, de la manière la plus directe possible, de notre intérêt citoyen. En effet, de la possibilité offerte à tous de penser la souveraineté dépend la construction d’un pouvoir plus juste et démocratique. Cela est d’autant plus vrai que la souveraineté est une des réponses que l’on peut opposer à la globalisation et au libéralisme européen. Parce qu’elle est aujourd’hui démocratique, financière, monétaire et écologique, elle est trop importante pour être confisquée par un pouvoir, quelqu’il soit. Préserver son exercice, c’est le rôle de nos institutions, préserver son intégrité, c’est le rôle de nos représentants. En se demandant « Quelle souveraineté pour demain? » La Plateforme questionne donc le coeur même de notre nation, ce qui lui donne son sens et son cap démocratique, international et économique.

Dans sa dimension démocratique. La démocratie ne doit plus être vécue comme une contrainte, d’un moyen d’entrave la démocratie doit devenir source d’impulsion citoyenne et légitime pour mettre en marche l’action publique. Il faut réfléchir aux nouveaux outils permettant qu’elle soit plus forte car si la fracture démocratique est commentée par tous, des propositions qui pensent la place du citoyen au delà des élections sont plus rares.

Dans sa dimension internationale. Notre souveraineté doit se tisser partout dans le monde pour fédérer autour de nos valeurs, la France est une grande nation et doit le rester. Sur les questions extérieures nous devons répondre présent, mais toujours dans le respect du droit d’ingérence. Nous croyons que la force de la France est de faire entendre sa voix, de manière indépendante et non alignée, l’enjeu international englobe le soft power mais aussi l’intervention armée. L’international est aujourd’hui le principal rempart face à la montée des extrémismes en tout genre.

Dans sa dimension écologique. Lutter contre le réchauffement climatique n’est pas qu’une affaire nationale, en effet, la pollution ne connait pas les frontières. Par conséquent l’écologie est quelque chose qui doit se traiter tel un rapport de force entre des états et des grands pollueurs. Si chaque action compte, s’attaquer aux industries fortement polluantes ne peut se faire qu’à une échelle supra nationale au nom de la souveraineté de notre état. Ainsi, questionner la fiscalité verte mondiale ou encore la place de la France face à la lutte contre le réchauffement climatique pour, déboucher pourquoi pas, sur un droit des générations futures de jouir d’une planète plus propre doit aussi être pensé.

Dans sa dimension économique. Pris entre le pouvoir de la finance et les contraintes imposés par l’Union Européenne l’Etat n’a plus les moyens économiques de son action. L’application stricte de l’ordo-libéralisme conduit les Etats européens à avoir une obsession sur la dette publique, le problème de ce raisonnement est qu’il suppose la supériorité des créancier sur les peuples. Pour nous, cet état de fait est inacceptable, l’économie doit être au service de tous. Reprendre la main sur la finance ce n’est pas ignorer la réalité, mais rappeler que l’intérêt des peuples est supérieur à celui des détenteurs d’un argent crée par des organes publics, les banques centrales. La souveraineté économique pose aussi la question des frontières de la souveraineté. Car opposer nos frontières à un problème qui n’en n’a pas a-t-il un sens ? De même, quid de l’Euro ou comment axer la création monétaire sur l’économie réelle ? Autant de questions clés pour comprendre notre souveraineté économique de demain.

Démocratique, internationale et économique, aujourd’hui le principal danger auquel nous sommes confrontés est la perte de contrôle de notre propre souveraineté. Que cela soit le déficit démocratique, la financiarisation de l’économie ou encore la technocratie européenne les graines d’une nouvelle ère post démocratique sont plantés. C’est à nous de nous de la combattre afin d’éviter un monde ou les décisions ne seront plus prises par les citoyens mais par des organes extérieurs à notre contrôle. Face à la post-démocratie la nation, et le citoyen, doivent retrouver une voix commune afin que la souveraineté soit populaire et démocratique.

2. Quelle économie pour quel travail et quelle vie quotidienne ?

Les évolutions technologiques sont génératrices d’une redéfinition complète de nos modèles de production et plus largement de nos modes de vie. Penser la question du travail c’est penser toute la chaine de la création de valeur, en effet, si le travail évolue c’est parce que la consommation évolue, et si la consommation évolue c’est parce que le progrès technique vient redéfinir les contours d’une société construite sur un cout marginal croissant.

Uberisation, économie « collaborative » ou « latérale », les termes ne manquent pas pour caractériser ce monde qui est en train de naître. Malheureusement lorsque les mesures concrètes qui doivent accompagner ces changements sont abordées dans le débat public elles ne sont pensées que dans un cadre libéral. Cette idéologie se voudrait moderne mais elle ressasse les mêmes leitmotiv depuis près d’un demi-siècle. Son dogmatisme concurrentiel génère des richesses sans penser le partage, pense le prix sans penser la valeur et in fine sert la consommation plutôt que le travail.

Ce travail, doit être pensé globalement, par tout et pour tout ce qu’il implique, bien au-delà de sa simple valeur marchande. Remettre le travail au centre de la réflexion c’est repenser le marché du travail, mais également la protection sociale, l’écosystème productif. En cela une réflexion approfondie nous permettra d’opposer une véritable vision à un discours simpliste.

Comment réadapter le droit aux nouvelles formes de travail? Comment penser en parallèle plein emploi et écologie ? Préservation des communs et individualisation des parcours ? Comment répondre aux nouvelles temporalités ? Aux nouveaux risques ?

Les interrogations sont innombrables, les réponses données habituellement bien trop médiocres.

Ce sera par une réflexion en profondeur et des propositions concrètes que nous pourront avancer sans crainte dans une nouvelle économie , un nouveau contrat républicain, qui pense la société en partant de l’individus

3. Comment résoudre les fractures françaises ?

Il est compliqué de bâtir une nation s’il n’y a plus d’adhésion à un idéal commun. Les fondamentaux qui constituent la France sont en mauvais état. Ce constat s'explique par les mutations profondes que connait la société française. En crise, notre modèle ne parvient plus à les intégrer.

A la Plateforme, nous pensons ainsi que la France connait un véritable mal-être dont les origines sont des fractures multiples et grandissantes. Ces fractures concernent des enjeux directement liés à la citoyenneté et la société françaises. Nous pensons qu'elles appellent des propositions à construire ensemble. Les Français sont créatifs et plein de ressources. Dans leur quotidien, ils sont déjà porteurs des solutions à ces fractures.

La fracture républicaine grandit du fait de la défaillance des services publics. Ils ne parviennent plus à protéger ni à accompagner les Français dans la mondialisation. De ce fait, la République est désormais perçue comme un modèle de plus en plus inadapté. L’école peut-elle encore être un vecteur de méritocratie et d’intégration ? Dans une société de plus en plus violente, la France a-t-elle aujourd’hui un système de sécurité et une justice qui lui permet de nous protéger ? Le service public de l’accès à l’emploi est-il encore utile ? Que serait une nouvelle politique de logement ambitieuse ?

La fracture nationale concerne les difficultés des Français à partager un projet de société autour de valeurs communes. La laïcité est désormais la valeur républicaine à laquelle les Français sont la plus attachée. La loi de 1905 est-elle encore adaptée au contexte religieux actuel ? La situation des migrants et les interrogations autour de l'identité française seront également à discuter. A tort ou à raison, les attentats survenus en France en 2015 ont accru les inquiétudes autour de ces enjeux et l’intérêt pour les valeurs traditionnelles. La famille demeure par exemple l’institution de référence des Français, sans que ceux-ci soient attachés à une forme familiale unique. Que faire de ces interrogations de plus en plus partagées ?

La fracture territoriale correspond au processus croissant de relégation de certains territoires périphériques. Alors que certaines métropoles regroupent l'essentiel des richesses et des services, la France oubliée des périphéries se sent abandonnée et méprisée. Elle rassemble de nombreux espaces ruraux, pavillonnaires et périurbains, ainsi que certaines banlieues précaires. Que répondre à ceux qui pensent qu’on ne peut plus sauver ces territoires ? Ces territoires ont-ils encore un intérêt ?

La fracture citoyenne se creuse avec un système politique impuissant et sans renouvellement. Face à lui, nos concitoyens sont de plus en plus prompts à inventer de nouveaux modes d'organisation pour toutes les sphères de la société. Les nouvelles technologies donnent de nouveaux moyens créatifs, à l'image de l'uberisation, qui pourraient être transposés à de nombreux domaines. C'est aussi la conséquence de l'aspiration à l'innovation des Français de toutes les générations. Que peuvent nous apporter ces nouveaux modes d’organisation ? Jusqu’où devons-nous les favoriser ?

Ce thème doit nous permettre de faire émerger des propositions nous permettant de répondre collectivement à ces fractures, en réconciliant le désir d'innovation et de protection des Français. Plus de changement, plus de réforme, plus de permissivité ne sont pas automatiquement synonymes de progrès. Au contraire, ils peuvent avoir pour conséquence la régression et la précarisation. Nos quelques propositions pour ce thème devront dessiner les contours d'un nouveau contrat républicain, à la fois protecteur et innovant.